..


 
 . .

 | 
 

 LACTEUR et le SYSTEME - Michel Crozier et Erhard Friedberg - Seuil 1977

         
belkacem titi

avatar

: 30
: 33
:
:
: 04/06/2010

: LACTEUR et le SYSTEME - Michel Crozier et Erhard Friedberg - Seuil 1977   21/8/2010, 6:44 pm

Michel Crozier et Erhard Friedberg dfinissent ce livre comme un manuel, non pas de sociologie des organisations, mais de sociologie de laction organise. Cette mthode, base sur lanalyse stratgique, se positionne sur le plan des relations de pouvoir entre acteurs et des rgles implicites qui gouvernent leurs interactions, et qui sont appeles ici jeux . Lanalyse stratgique utilise les attitudes comme un outil de recherche commode et imparfait pour dcouvrir ces jeux. (p. 471). Lorganisation est vue ici comme le royaume des relations de pouvoir, de linfluence, du marchandage et du calcul et comme un construit humain qui na pas de sens en dehors des rapports de ses membres . (p. 50)

Le pouvoir est dfini comme une relation structurante caractrise par le dsquilibre dune relation qui est rciproque, et par la possibilit de certains individus ou groupes dagir sur dautres individus ou groupes. Dans ces relations de pouvoir les contraintes cohabitent avec une part de libert qui est dfendre, gagner, largir au moyen de la ngociation. La ngociation comme stratgie de construction avec ce quelle contient de frustrations et de satisfactions. (p. 113)

Les actions individuelles construisent une capacit collective propre, cest dire irrductible celle de ses membres, au moyen de lapprentissage domestiquer les conflits et phnomnes de pouvoir au lieu de les touffer, ce que Michel Crozier et Erhard Friedberg appellent un systme daction concret. Un systme daction concret est un ensemble humain structur qui coordonne les actions de ses participants par des mcanismes de jeux relativement stables et qui maintien sa structure, cest dire la stabilit de ses jeux et les rapports entre ceux-ci, par des mcanismes de rgulation qui constituent dautres jeux . (p. 286)

Cette vision souligne limportance des choix et de la dcision et donc des outils de comprhension de ces mcanismes, en traitant notamment du rapport entre la rationalit du dcideur et la rationalit du systme pour passer la rationalit de lacteur : la rationalit limite, par opposition une rationalit rductrice et en tenant compte des rationalits conflictuelles. Il sagit dorienter les dcisions par la dfinition du problme plus que par une lutte sur les cots et avantages, et de prendre conscience de limportance de la pertinence de linformation sur laquelle repose les choix. (p. 402) Michel Crozier et Erhard Friedberg attirent notamment lattention sur la relativit des outils et concepts souvent utiliss pour faire un diagnostic, ceux-ci renvoyant trop souvent la microculture du dcideur (p. 361), alors que tout repose justement sur un bon diagnostic, et sur la ncessit de connaissance des systmes (p. 409).

Michel Crozier et Erhard Friedberg mettent en avant le systme entres multiples avec la possibilit dagir sur une des variables. (p. 380) Ils engagent aborder avec prudence la substance mme du changement. Le changement : cette capacit tolrer une diversit, une ouverture plus grande, une incohrence et grer les tensions invitables et qui permet aux hommes de conqurir des capacits plus grandes. Michel Crozier et Erhard Friedberg pensent, que contrairement aux ides qui circulent, les acteurs ne sont pas attachs leurs routines et sont prts changer rapidement sils sont capables de trouver un intrt dans les jeux quon leur propose. (p. 386) Le changement, apprentissage de nouvelles formes dactions collectives, de nouveaux jeux, ncessite cependant une rupture avec les anciens jeux.

Linvitabilit des crises est donc souligne, tout comme le risque quelles produisent leffet inverse, cest dire le renforcement des mcanismes dadaptation, voir des rgressions. (382, 401). Mais tout changement constitue toujours un pari, une rupture calcule. (p.440)Michel Crozier et Erhard Friedberg attirent lattention sur le danger du fait de laction sur les hommes et du risque de manipulation, attendu que laction sur les structures est elle-mme risque. Ils proposent doprer la fois sur les deux. (p. 406) Le rformateur est donc dans une situation de pouvoir, mais il ne peut en aucun cas imposer son modle en croyant dtenir la vrit pour lapproche prconise . (p. 422)Cette approche soppose de par le fait la logique du one best way au profit dune logique de ngociation, de mdiation, dans le respect des deux parties, attendu qu une ngociation peut tre la plus subtile des manipulations (p. 422) mais toute intervention est dangereuse comme toute initiative humaine. (p. 423) Le postulat de Michel Crozier et Erhard Friedberg est que tout sarticule et se comprend partir de la finalit poursuivie par lacteur et de la reprsentation quil en a (p. 424). L, lobjectif de satisfaction est oppos la motivation.

La russite est base sur la remise en cause des objectifs et leur reformulation, pour aboutir un compromis de bon sens. Cest cette dcouverte et lapprentissage de modes de relations nouveaux qui constituent une valeur ajoute. (p.440) et un paradoxe : les finalits prennent leur sens au niveau o elles sont vcues ; bien quil peut y avoir une dichotomie (non souhaitable) entre les finalits perues la base et celles qui se manifestent au sommet et qui sont inhrentes aux choix collectifs. Aucune finalit ne peut tre privilgie et impose contre toutes les autres finalits possibles . (p. 437)Un des problmes de toute politique de changement est donc larbitrage entre des finalits contradictoires.

La constatation empirique permet daffirmer que cest la base que les moins mauvaises contradictions peuvent se dcouvrir. Aucune mta-rationalit ne permet de fonder et de justifier un arbitrage dfinitif. Cest cette impossibilit dune rationalit absolue qui engage une rationalit limite. Cette mthode prend galement le parti de sopposer la morale consistant faire le bien des hommes sans leur demander leur avis (p. 431), aux bonnes intentions, la socit vertueuse (p. 434). Michel Crozier et Erhard Friedberg dissocient lintention du mode daction permettant limpact de celles-ci sur les modes de jeux. Ils sagit galement de changer les rgles du pouvoir, transformer le systme de pouvoir devenant une tape essentielle, voir le but premier. (p. 432) Cest le pouvoir qui seul peut combattre le pouvoir . (p. 434)Michel Crozier et Erhard Friedberg mettent donc en avant linvitabilit des relations de pouvoir et leur marge de libert qui garantit, daprs eux, quil ny a pas de dterminisme et permet daffirmer que nos construits sociaux ne peuvent tre que contingents. (p. 433)

Je terminerai cette synthse avec deux citations :

Cette reconnaissance lucide du caractre blessant de notre monde, du caractre invitable des relations de pouvoir, ne nous empche pas toutefois, de chercher les changer . (p. 434)

Cest donc lhomme lui-mme qui doit porter la responsabilit premire du changement (p. 448)

[l
    
 
LACTEUR et le SYSTEME - Michel Crozier et Erhard Friedberg - Seuil 1977
          
1 1
 
-
»  18 19 1977
»  1977
»  1893-1977

:
..  :: 
 :: 
-